Mardi 8 mars 2005 2 08 /03 /Mars /2005 03:17

Cela faisait trop longtemps que je n'avais pas été au village. La raison est juste que, j'apprécie plus d'y aller pendant les vacances d'été, car cela permet de retrouver plus de gens du village car, tous ceux qui travaillent dans les grandes villes algériennes (Tizi-Ouzou, Alger et Oran pour le principal) et tous ceux qui vivent à l'étranger y sont en vacances aussi. Mais, l'été est la plus grosse période de travail de l'année pour moi et il est donc difficile de me libérer et prendre des vacances à cette période.

Mon père aussi, cela faisait longtemps qu'il n'y avait pas été au village. Mon père lui, c'est à cause de problèmes de santé. Et, parce que, nous avions trop envie de revoir le village mon père et moi, que je voulais tenir la promesse que je lui avait fait d'y allez ensemble à l'automne, que c'était l'occasion de vivre la fin du Ramadhan et la fête de l'Aïd au village et, aussi et surtout, parce que je voulais absolument, et mon père aussi, revoir quelqu'un qui nous manque énormément, ma mère, nous y sommes allés mi octobre dernier.

Nous sommes arrivés très tard et de nuit au village, et nous n'avons pas pu profiter pleinement de notre retour et surtout, de la plus belle image de paysage qui existe, celle, du village, quand on passe le dernier virage à droite après avoir traversé le village de ATH ARBI, et que l'ont voit apparaitre ? ZOUBGA !!!


Pour toute personne du village je crois, c'est le plus beau paysage du monde et nombreux sont ceux, je crois qui comme moi, en arrivant après une longue absence, attendent aussi ce moment du premier contact avec le village avec impatience. Ce premier contact est magnifique. Cela me rappelle, mon enfance, quand on partait l'été en vacances au village, j'ai toujours attendu ce moment avec impatience, encore aujourd'hui.

Je me rappelle aussi, quand ils nous arrivait de guetter en famille, la nuit, du balcon de la maison, l'apparition au loin, de phares de voiture dans ce fameux virage pour voir si ce n'était pas celle qui amenait mon père qui nous rejoignait un peu plus tard parce que enfin il était lui aussi en vacances ou ma famille qui venait d'Alger ou d'Oran. Des fois, le conducteur qui savait qu'il était attendu, en arrivant dans la longue ligne droite après le virage, visible du village car juste en face, faisait des appels de phares pour signifier que c'était bien la bonne voiture, c'était palpitant et on étaient tous animés d'une joie immense.

Que, de beaux souvenirs du village, gravés à jamais.

J'ai donc raté ce premier contact et cette vue, mais, le fait d'être là déjà, c'était un grand plaisir. Arrivé au village, tout le monde était endormi, je me suis occupé d'installer confortablement mon père à la maison et, j'ai aussitôt été dire bonjour à ma mère.

Je ne l'avais pas vu depuis longtemps et, je m'étais juré d'aller me recueillir sur sa tombe dès mon arrivée et peu importe l'heure à laquelle j'arrivais.

Le lendemain, au petit matin, genre 7H, on a été réveillé par les enfants du quartier. D'habitude et en temps normal, tu enrages, mais là, nan. Ouvrir les yeux le matin, voir que tu es bien au village et que c'est pas un rêve et, être réveillé par les voix des petites cousines et des petits cousins qui avaient appris notre arrivée et jouaient en bas de la maison, en attendant de nous voir apparaitre au balcon, c'était du bonheur.

 Passez la souris de votre ordinateur sur la photo...

Avant de partir de France, deux choses me tracassaient l'esprit. La première et la plus importante, l'inquiétude quant à l'état de santé de mon père et l'espoir de pouvoir trouver les moyens médicaux nécessaire en cas de problème de santé. La seconde, qu'est ce que je vais bien pouvoir cuisiner à mon père ???

Pour la première, je ne pouvais rien faire, j'avais prévu tout le prévisible (médicaments et matériel médical) mais je ne pouvais pas prévoir l'imprévisible. Quant à ma deuxième interrogation, elle a vite été réglée par la famille. En effet, dès le premier matin, la famille n'attendait que notre réveil pour nous apporter le café et des gâteaux. Et, durant tout notre séjour au village, je n'ai pas touché une casserole, pas que, j'avais peur de m'abimer les mains à faire la vaisselle mais parce que, la cuisine ce n'est pas mon domaine et surtout parce que, la famille m'avait interdit de toucher la moindre casserole sous peine de prendre un coup de rouleau a pâtisserie derrière la tête. Et je préfère vous dire que, les rouleaux à pâtisseries kabyles, "djahden" (traduction, ils sont durs !!!). Il ne vaut mieux donc pas, toucher une casserole, même en cachette, le soir à 3H du matin !!!

Tous les matins donc, quelqu'un de la famille, nous apportait le café et des gâteaux à la maison, tous les midis, des plats traditionnels et tous les soirs, nous étions invités par une famille différente. Il m'est même arrivé de manger deux fois le même soir, chez deux familles différentes. Pas pour me goinfrer mais, déjà par volonté de ne vouloir blesser personne en refusant une invitation et aussi parce que, je ne voulais rater aucune occasion de partager un moment avec chacune des familles composant notre grande famille. J'ai été partout où j'ai été invité, et j'ai rendu visite à un maximum de gens, parce que, j'aime tous les gens de ma famille et de mon village, sans exception.

Le matin, après être passé avec mon père, voir ma mère, j'étais curieux et trop impatient, pour ma première journée, de découvrir toutes les nouveautés au village.

J'ai laissé mon père avec ses "potes", tout en restant, toujours, pas très loin et joignable, et je suis parti en ballade, à travers le village, avec celui qui ne me quitte jamais au village, mon appareil photo.

La veille au soir, j'avais découvert que l'accès au village, à partir de la route nationale, avait été goudronné jusqu'à la place du village récemment. C'est, vraiment une avancée et un changement, important, pour tous les gens du village et une très belle victoire pour le comité du village, qui s'est battu durant de très longues années pour obtenir des financements. Aujourd'hui, c'est encore plus un plaisir de circuler dans le village car, fini les routes et les chemins, difficilement praticables, par temps de fortes pluies ou de neige.


Une autre belle découverte, la transformation  de la petite place tout près de la maison, "Takoravth". Désolé si c'est mal orthographié en phonétique, mais ce n'est pas évident à écrire à cause de certaines prononciations propres à la langue Kabyle. Quand vous maitrisez la prononciation des mots kabyles, vous maitrisez toutes les prononciations mêmes celles des dialectes de tous les pays dans le monde comme, le Swahili (Tanzanie et Kenya), le Cingalais (Sri Lanka), le Kirghiz (Kirghizistan) et bien d'autres? (J'plaisante !!!).


"Takoravth" donc, où, de beaux bancs ont remplacés les grosses pierres et les troncs d'arbres et, une dalle de béton a remplacé la terre. C'est d'ailleurs, en étant assis sur un de ces bancs, que j'ai vu arrivé un jour, un mystérieux petit véhicule tout vert.

Quelle fût ma surprise, de voir que, le tracteur qui tirait une benne destinée à collecter les déchets ménagers du village que j'avais découvert en 2004, avait été remplacé par un petit camion réservé à ce genre d'opération. Même, certains villages et même des villes, dans des pays soit disant développés, ne portent pas autant d'attention à la sauvegarde de l'environnement et de la nature, que ZOUBGA.

Depuis de longues années déjà, notre village, possède un lieu privé destiné au traitement des déchets situé à quelques kilomètres du village. Pour palier, le manque d'une usine d'incinération et de traitement des déchets, qui incombe normalement à l'état, dans un pays comme l'Algérie, notre village s'est pris en main et traite lui-même ses déchets, en les détruisant par le feu, avant de les enfouir dans un lieu aménagé pour, et éloigné de toute habitation.


En descendant, sur la place du village, une autre nouveauté, pour moi, l'ouverture d'un taxiphone. Un soulagement car, fini les kilomètres à parcourir afin, de pouvoir téléphoner.

Le taxiphone du village, est un service très utile dont les horaires d'ouvertures sont très larges et qui permet de joindre ou d'être joint par téléphone, de très tôt le matin à très tard le soir. En plus, vous y êtes toujours très bien reçu, comme chez tous les commerçants du village d'ailleurs. Toutefois, comme pour l'internet, et cela n'est pas propre au village mais à toute l'Algérie, n'espérez pas joindre quelqu'un par téléphone les jours de l'Aïd par exemple ou de fêtes importantes, c'est juste pas possible !!!


Tellement, les lignes sont saturées, on dirait que, celui qui arrive à joindre quelqu'un, ne veut plus lâcher le téléphone, rien que pour "faire chier" Algérie Télécom ou France Télécom et ainsi aussi,  se venger quelque peu et surtout, avoir le dernier mot, de rage d'avoir eu a lutter pour joindre quelqu'un. J'imagine, la scène d'un gars qui réussit à joindre quelqu'un par téléphone et, tellement il est trop content, pour marquer l'évènement, il fait venir... Ithebalen (groupe de musique folklorique Kabyle) !!!

Tout çà en fait, pour dire que, il est très difficile de joindre la France à partir de l'Algérie et de joindre l'Algérie à partir de la France, en période de fêtes. Et, même parfois, hors période de fêtes. Je ne sais pas pourquoi et ce n'est pas normal.

J'ai été agréablement surpris de découvrir un taxiphone à ZOUBGA, mais j'ai été encore plus surpris, de voir le nombre impressionnant de gens qui possédait un téléphone portable. Au village aussi, c'est devenu incontournable mais aussi et surtout, là bas, c'est indispensable.

Un autre service, qui manque, qui serait bien utile pour les familles et, qui est prévu dans le projet de l'espace communal que j'ai laissé en travaux d'agrandissement. C'est, un espace internet, qui je pense, serait le bienvenu pour les familles. Le projet est bien réel, mais hélas, seul manque les financements pour concrétiser ce projet salutaire qui apporterait un grand bonheur à toutes les familles, d'un côté et de l'autre de la Médithérranée qui, avec toutes les nouvelles technologies qui existent aujourd'hui, leur permettrait de communiquer ensemble plus facilement, plus agréablement mais surtout, à moindre frais. De discuter donc bien sur, mais aussi et surtout de pouvoir se voir.

Il faut savoir que, ils sont nombreux ceux, parti tenter leur chance en France pour essayer d'offrir un avenir meilleur à leur famille et qui ne peuvent voir leur mère, leur père, leur famille laissée au village, et encore pire, pour ceux qui en ont, leurs enfants grandir. Un retour au village pour certains, est impossible, faute d'une situation administrative pas encore à jour. Certains, n'ont pu voir leur famille depuis de nombreuses années. Et, certaines  mamans, inquiètes pour leur enfant, apprécieraient surement et serait au moins rassurés, faute de pouvoir voir leur enfant en vrai et en chair et en os, de pouvoir le voir en direct, même si ce n'est, qu'à travers l'écran d'un ordinateur.


L'espace communal donc, que je me suis empressé de visiter est en plein développement. Il est composé au rez-de-chaussée, d'un centre de santé (encore, un service à la personne essentiel et principal) dans lequel, une infirmière, est présente quelques jours par semaine pour prodiguer un premier diagnostique en cas de problème de santé ou quelques conseils médicaux utiles. Mais aussi, pour assurer le suivi médical de quelques patients et, les soins ne nécessitant pas de matériels lourds ou sophistiqués.


Il y avait bien un médecin aussi, mais faute de moyens financiers, son poste n'a pu être maintenu. Aujourd'hui donc, après un premier diagnostique de l'infirmière du village, pour les petits problèmes de santé bénins, les malades, sont soignés sur place ou dirigés vers la pharmacie la plus proche en cas d'absence du médicament nécessaire au traitement. Pour les cas qui nécessitent un avis médical plus pointu et des examens de santé plus poussés, les patients, sont orientés vers le centre de santé d'Iferhounène ou de l'hôpital de Aïn El Hammam.

Au premier étage, se trouve un espace culturel, avec une grande salle polyvalente qui sert de lieu, de réunion, d'activités ou de restauration lors de fêtes au village, comme par exemple, pour les familles qui ne disposent pas d'assez d'espace pour recevoir les gens à la maison.

Au deuxième étage, se trouve des bureaux. Au troisième étage, une nouvelle salle d'activités est en projet et au quatrième étage, des chambres, si j'ai bien compris, vont être aménagé pour recevoir des délégations, des officiels en visite et les invités du village.

Un espace communal imposant, qui a vu le jour, grâce à l'acharnement et au travail du comité du village. En effet, celui-ci a réussi, à obtenir quelques financements de pays étrangers pour ce projet dont des délégations ont même fait le déplacement au village car, curieux de voir de plus près, ce village, qui se prend en main lui-même.

Encore, un autre nouveau lieu à découvrir par rapport à mon dernier séjour au village, l'ouverture d'une crèche (décidemment, Zoubga, c'est vraiment un village qui bouge !!!). Elle a été ouverte après notre départ mais, j'ai eu le privilège de visiter les lieux et de voir la superbe décoration murale, représentant des personnages de dessins animés qui font la joie des petits enfants. Cette crèche, avec ces peintures murales réalisées par Aïssa BELKACEMI (dont je n'aurais jamais soupçonné le talent tellement il est discret et réservé) offre un lieu de garderie pour les bambins du village, magnifique et indispensable pour le bon épanouissement des tout petits. Faute de gros moyens financiers, elle n'est aménagé que, de quelques matériels destinés à proposer des activés en direction des touts petits. Dommage, que j'ai passé l'âge de la crèche, j'aurais aimé m'épanouir moi aussi dans un tel cadre.


Autre réalisation, depuis mon dernier séjour, l'aménagement de la fontaine sur la place du village avec une décoration, dont je n'ai pas saisi l'originalité sur le coup, qui représente en fait Azro N'thor. Un grand travail d'artiste. Sur la photo, on reconnait bien les lieux, pour ceux qui les connaissent bien sur !!!

 

Notre petite mosquée aussi, a eu droit à quelques travaux et aménagements. Après renseignement sur la possibilité de pouvoir faire des photos à l'intérieur et après avoir reçu l'autorisation et le feu vert d'anciens du village, c'est avec un grand plaisir que j'y m'y suis rendu. Et, c'est dans notre petite mosquée, que j'ai découvert, un des investissements qui a été fait, des plus nécessaire et des plus indispensable. En effet, j'avais entendu parler de l'acquisition de cette table réfrigérante, pour conserver les corps dans le cas de décès. Le choix du village, d'investir dans un tel achat, s'est justifié suite à une mésaventure vécue au village.

En face de la mosquée, l'espace où se déroule d'habitude et depuis de très longues années, aux beaux jours, l'assemblée du village, a été aménagée. Aujourd'hui, chacun peut suivre les débats assis sur des gradins, qui ont remplacés les grosses pierres et les troncs d'arbres.

Les collégiens et lycéens du village, n'ont pas étés oubliés. Depuis quelques temps, une navette de bus, fait l'aller/retour deux fois par jour, pour les déposer sur leurs lieux d'études le matin et, pour les reconduire au village en fin d'après-midi.


En effet, il n'y a pas de collège et de lycée au village. La plupart des collégiens et lycéens du village et du coin, se retrouvent au collège et au lycée situé à EL HAD, une ville voisine, situé à une dizaine de kilomètres. D'autres, étudient à Iferhounène, situé à une quinzaine de kilomètres. Bien étudier, demande de la concentration et de l'énergie, autant ne pas la perdre sur le trajet de l'école. Je n'ai pas eu l'occasion de visiter les lieux, mais, j'espère pouvoir le faire une prochaine fois.


Il n'y a pas non plus, de grandes écoles, proche du village. Les étudiants qui obtiennent le Bac, sont tous obligés de partir vers les grandes villes (Tizi-Ouzou, Alger voir même  beaucoup plus loin, Oran). Tous ces étudiants, qui réussissent, ont bien du mérite. Et, on ne peut que leur tirer un grand coup de chapeau.


Les écoliers eux, n'ont plus de chance. L'école primaire, qui avait été ouverte dans le village, il y a quelques années, pour leur éviter de longs déplacements et de longs temps de marche, a du fermer ses portes. En effet, comme en France dans les zones rurales, l'état ferme les classes, voir des écoles entières, là où, il n'y a pas assez d'enfants.


Aujourd'hui, nos petits écoliers, sont retournés dans l'historique et habituelle école primaire située sur les hauteurs de ZOUBGA où ils partagent les lieux, avec les enfants du village ami et voisin de ATH ADELLAH. Cela change tout pour ces petits, car celle-ci n'est accessible que, par un chemin de terre difficile et donc dangereux pour des enfants ou, soit par la route nationale, mais cela rallonge considérablement le temps de marche. Faute de moyens financiers pour pouvoir louer les services d'une navette de bus, un cousin, s'est dévoué et dépose avec sa camionnette, tous les matins, un maximum d'enfants devant l'école, qui se trouve sur le chemin de son travail.


L'école du village, date de 1934 et elle a bien besoin d'un rafraichissement. Quelques aménagements et un bon coup de peinture. Mais, faute de moyens et de crédits de l'état, les écoliers et l'équipe d'enseignement, sont contraints, à évoluer dans des conditions difficiles voir, extrême. Pour autant, la direction de l'école et les enseignants donnent le meilleur d'eux-mêmes pour apporter la meilleure éducation possible aux enfants et, les écoliers prennent avec philosophie leurs conditions d'études. De plus, cela n'empêche pas, de nombreux écoliers, de faire de superbes parcours scolaires par la suite,  d'accéder avec les connaissances acquises à l'école du village aux meilleurs facs d'Algérie, et surtout, de décrocher des diplômes dans les domaines les plus difficiles (médecine, droit...).  Quant à la direction et aux enseignants de l'école, je sais que, c'est une fierté que de voir, et cela malgré les conditions de travail désavantageuses, le nombre d'enfants sortis de leur école, qui ont réussis et sont devenus aujourd'hui, des femmes et des hommes.


Quand ont voit, dans quelles conditions, tous ces enfants et ces jeunes essayent de mener à bien leurs études pour essayer de s'offrir un avenir meilleur, je dis que, dans les pays développés, ceux qui se plaignent, n'ont vraiment pas à se plaindre !!!

Autre lieu en travaux, la place du village. Elle était déjà trop belle, elle sera bientôt MAGNIFIQUE. Le poteau qui gêne le passage des voitures vers le secteur B, va être déplacé. Celui, qui s'est retrouvé au beau milieu de la place à cause du déplacement d'un mur de soutien auquel il était accolé, va être reculé, pour donner plus d'espace à la place.


Le revêtement de sol, actuellement trop glissant et dangereux lors de, fortes pluies, d'enneigement, voir de verglas, était en cours de remplacement. La place sera bientôt entièrement couverte de pavés antidérapants, si ce n'est déjà fait. Toutes, les plaques de marbres retirées, vont être utilisées, pour dessiner des chemins dans le cimetière de notre village qui sera lui aussi bientôt aménagé. Nos, très chers, disparus, méritent bien cette attention.

Comme ont peut le constater, ZOUBGA se modernise, sans pour autant, oublier ou renier son identité et son histoire. Et surtout, en pensant à tout le monde et en travaillant pour ne laisser personne, sur le bord de la route.

Au cours de ce séjour, nous avons pu vivre la dernière semaine du Ramadhan au village. Cela n'a rien à voir avec l'ambiance en France. C'est normal, l'Algérie est un pays musulman où toute la population vit au rythme du Ramadhan durant tout le mois de jeûne. J'y ait pris encore plus de plaisir à le faire là bas. Les journées, tout le village est tranquille, chacun vaque à ses occupations, mais le soir, tout le monde à plaisir à se retrouver en famille pour rompre la journée de jeûne. Entendre, l'appel du muezzin, qui annonce la fin du jeûne, partir du minaret de la petite mosquée de notre village me donnait des frissons tous les soirs, c'était un moment magique.

Le soir, les familles se retrouvent pour des veillés durant lesquels, ont ne refait pas le monde mais, le village. C'est le moment idéal, pour apprendre sur le village et son histoire et mieux connaitre les uns et les autres. Au village, le devoir de mémoire se fait de lui-même et naturellement. J'ai beaucoup apprécié, toutes les soirées que j'ai passé en famille, avec mes cousins et mon père, qui s'est régalé à raconter les blagues qu'ils se faisaient entre eux.

Tous les ans, au village, un café est ouvert le temps de la durée du mois de ramadhan. Ce café, temporaire, occupe une salle louée aux enchères par le comité, à la personne du village qui fait la meilleure offre et, la somme ainsi récolté est versée à la caisse du village. Ce lieu de convivialité destiné, à animer les soirées de ramadhan et à permettre au vainqueur des enchères, de gagner un peu sa vie ne désemplit pas. Certains, jouent aux dominos ou au fameux jeu de carte "Ronda" mais, le jeu, qui rencontre à chaque fois le plus de succès, c'est, le traditionnel jeu de LOTO.


J'ai, des souvenirs, de ces ambiances et de ce jeu de LOTO, gravés aussi à jamais. Je n'ai pu m'empêcher, de me replonger dans mon enfance et voir des images défiler dans ma tête. Notamment, celle où adolescent, quand on gagnait une partie de LOTO et donc quelques dinars, on fêtait çà entre amis, avec des canettes de jus de fruit et des Znabiyas. Il m'arrivait aussi quelques fois d'y allez en famille, avec mon grand frère, mes oncles ou mes cousins. Mon père lui, préférait les soirées en famille. Rien à voir, avec l'idée de l'image traditionnelle du café, que se font les gens en général. Celui de ZOUBGA, est vraiment, un lieu de convivialité ou le rire et la bonne humeur sont de rigueur. Dans le café, sont proposés à la vente, du "Gazouz" (limonade), du thé, du café, des pâtisseries orientales, mais pas d'alcool et ni de jeu de poker. Tant mieux. Ce n'est donc vraiment pas, un lieu malsain, mais, plutôt et surtout, un lieu convivial.

Cette année, ne pouvant laisser mon père seul trop longtemps, je n'ai pu m'y rendre que quelques minutes et, que deux fois, la première fois par curiosité et, la seconde, pour prendre des photos souvenirs.

Le Ramadhan touchait à sa fin. Et, un jour bien particulier, j'ai eu le bonheur et la chance, de me retrouver sur la place du village. Celui, du dernier appel du muezzin (le cheikh) pour annoncer la fin du dernier jour de Ramadhan. Malgré que, je ne pratique pas encore, ce genre de moment me touche énormément et, j'ai aussitôt enregistré en vidéo avec mon appareil photo ce moment rare.

Ce soir là, je me souviens, j'étais empressé. Empressé parce que, le lendemain c'était l'Aïd et que j'étais impatient de revivre la fête de l'Aïd au village.

Malheureusement, c'est ce jour symbolique et fort, qu'est arrivé un petit problème de santé à mon père. Nous l'avons conduit au centre médical à Iferhounène et il est ressorti aussitôt dans la matinée. Rien de grave et plus de peur que de mal, heureusement. Certains vont peut être penser, pourquoi je raconte tout çà !!! J'avais envie de raconter cet évènement, parce que, je voulais souligner l'élan de solidarité et la mobilisation générale, de tous les gens présents, qui a eu lieu pour nous accompagner et veiller sur mon père. J'ai été très touché et je ne serais jamais assez reconnaissant pour cela. Par cette histoire, je voulais témoigner, comment, les gens de ZOUBGA ont du cœur et sont toujours là quand tu as besoin d'eux, surtout, quand quelqu'un est dans la difficulté, la douleur ou la peine.

Rassuré sur l'état de santé de mon père, vite rétablit et qui s'est retrouvé, au retour du centre médical, chez ma tante Na Zahra, mon cousin Momoh et sa femme Hayet, lesquels ne voulaient plus le laisser rentrer chez lui, je suis parti retrouver les enfants du quartier. J'étais émerveillé. Tous, étaient encore plus beau, plus craquant et plus marrant que les autres jours. Chacun s'était habillé pour l'occasion. Toute la journée, tous, courraient s'acheter des bonbons, des chocolats et des jouets dans les épiceries du village avec l'argent reçu de leur parents, de leur famille ou de gens du village

L'Aïd, c'est vraiment, la journée des enfants et c'est vraiment un plaisir de les voir aussi heureux et joyeux. Je savais qu'ils n'avaient pas besoin de grand-chose pour s'amuser, mais, j'ai été frappé de voir qu'avec pas grand-chose, tous ces enfants, étaient, heureux et joyeux. Encore une belle leçon de vie.


Le jour de l'Aïd, c'est aussi, le jour où l'ont fait des "sadakas" (l'aumône) à tous les gens, que l'ont apprécie ou dans le besoin.

Le jour de l'Aïd, c'est aussi le jour où l'on rend visite à la famille, pour partager ce jour ensemble. Il n'est pas rare de voir des familles visiter leur famille à des kilomètres, des fois, à pied, alors que, en France, où ailleurs d'ailleurs, certains ont la fainéantise d'allez acheter une baguette au bout de la rue !!!

Le jour de l'Aïd, c'est aussi, le jour où l'on rend visite aux disparus. Moi-même, j'ai été auprès de ma famille qui repose au village et en particulier, auprès de ma mère, ma grand-mère et mon frère. Un groupe d'enfants, des petits cousins, se sont portés volontaire pour m'accompagner et avec moi, laver et déposer des fleurs sur les tombes de chacun.


Avant mon retour en France, je tenais aussi à rendre hommage à chacun de nos disparus. Je n'aie pu m'empêcher de revoir les images de chacune et chacun de celles et ceux que je connaissais. Elles et ils, appartiennent à notre histoire et à celle du village. Je n'oublie personne et qu'elles et ils, reposent en paix. Une pensée pour chacune et chacun d'eux, est rendu à travers l'album photo "hommage aux disparus".

Le retour pour la France, est arrivé trop vite. Comme à chaque fois d'ailleurs quand tu te plait quelque part. Mon père, aurait bien voulu prolonger son séjour (moi aussi), car il était heureux là bas, au village avec ses amis et au milieu de la famille. Il aurait aimé rester, mais, l'hiver est rude au village. Et surtout, ses problèmes de santé, nécessitent des soins quotidiens qui ne sont assurés que difficilement en Algérie. Mais, inch'Allah, si dieu le veut comme on dis, mon père, et toute la famille, sera au village cet été.

Ce voyage, au village, et surtout, avec mon père, vaut tous les plus beaux voyages du monde. Durant tout notre séjour au village, cela n'a été que du plaisir et du bonheur. Je n'oublie pas et n'oublierais jamais comment, les gens en général et la famille en particulier ont été au petit soin pour nous, et surtout, pour mon père. D'ailleurs, je pense à chacune et chacun d'eux au moment où j'écris là et je ne serais jamais assez reconnaissant pour tout ce qu'ils ont fait.

Si, à travers mes mots, je donne une image paradisiaque de notre village, c'est parce que, personnellement, notre village, est vraiment un petit coin de paradis, encore épargné par les nombreux problèmes qui frappent les sociétés, soit disant, modernes. Pour autant, je suis très conscient que, l'ont ne vie pas les mêmes choses, selon que l'on vive à l'année au village ou que l'on s'y rende une fois par an pour voir la famille et le village. Je sais que, la vie y est très dure, surtout l'hiver. Et que, des familles, vivent au quotidien, des difficultés. Très conscient de tout cela, et afin de rendre un peu de tout ce que le village et les gens m'ont donnés et apportés à titre personnel, je parlerais prochainement, d'un projet qui me tient à cœur et que j'aimerais voir se concrétiser. J'espère, pouvoir fédérer et réunir de nombreuses personnes du village et voir d'ailleurs, autour de ce projet.

Un grand projet est déjà à l'étude au village. En effet, la notoriété de notre village, je pense, a contribué à ce que, une délégation de l'association, le Forum Femme Médithérranée de Marseille, vienne au village  pour proposer et discuter avec le comité du village, d'un projet de tourisme solidaire.  Le but de ce projet, est que notre village, accueille des touristes avides de voyages "découvertes" et donc, découvre la Kabylie et la région, à travers et à partir, de notre village et d'un programme touristique et culturel de qualité. Ce projet, en contre partie, permettrait à des villageois, qui recevraient des touristes chez eux (puisque ceux-ci sont logés et nourris par les habitants), d'être rémunérés, pour ces services et ainsi subvenir aux besoins de leur famille et améliorer quelque peu leur quotidien.

 Pour conclure, je termine cet article, par un événement, qui ne fait que me conforter dans mon opinion concernant notre village. Car en effet, quand je vois, la mentalité et l'état d'esprit des gens du village, leur gentillesse, leur simplicité, leur naturel et, surtout leur générosité malgré la vie dure et leurs faibles moyens. Quand je vois aussi, tous ces aménagements concrétisés, tous ces projets en attentent par manque de financements et surtout, tout le travail déjà effectué par le comité du village, je ne suis pas du tout surpris que, le tout 1er Prix, d'un tout premier concours du meilleur village de toute la grande Kabylie, organisé par la wilaya de Tizi-Ouzou, soit décerné parmi plus de 1.600 villages participants à... ZOUBGA !!!

 


Par MB - Publié dans : villagezoubga
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